Être Geek ce n’est pas seulement s’intéresser aux nouvelles technologies mais aussi apprécier le jeu et tout ce qui tourne autour de la sphère ludique. Je vous propose ici de découvrir un petit jeu pédagogique dont les conséquences pourront être très intéressantes pour vos classes.

L’éducation par la peur est un phénomène sociétal global. L’une des plus grandes dérives de cette méthode est l’induction de la peur systématique de l’erreur – générateur d’angoisses et de névroses. En tant qu’acteurs de l’enseignement, nous avons la possibilité de combattre certains travers de ce système qui peut engendrer de graves conséquences chez les enfants et adolescents qui en sont victimes.

Lawrence Cohen est un pédopsychologue qui s’est spécialisé dans l’approche éducative par le jeu. Cet américain, spécialiste des thérapies par le jeu tient une chronique dans le Boston Globe et anime des ateliers ludiques à destination des parents, des enseignants et des professionnels de l’enfance. Il propose dans son livre “J’ai plus peur !”, un exercice ludique pour aider les enfants et adolescents perfectionnistes et anxieux à aborder et finalement parvenir à dépasser la fameuse peur de l’erreur. Ce jeu que je vais vous décrire ici pourrait, à terme, entrer dans vos routines de classe afin d’aider vos élèves à vivre une scolarité plus sereine et épanouissante.

Peur de l'erreur
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Le jeu proposé par Lawrence Cohen s’intitule “Faire des erreurs exprès“. Le professeur initie le jeu et jouera toujours le premier tour. Chaque joueuse et joueur partage à l’ensemble de la classe trois erreurs qu’il ou elle a faite durant la semaine (si vous préférez organiser ce jeu en fin de semaine) ou durant le weekend (si vous souhaitez initier la semaine par une partie de ce jeu). L’importance de l’erreur n’entre pas en ligne de compte, il peut donc s’agir d’une grosse erreur ou d’une erreur négligeable. Le contexte de l’erreur (scolaire, familial, relationnel etc.) est également libre. Qu’il s’agisse d’une évaluation échouée, d’un échec sportif, d’une dispute familiale ou amicale ou encore d’une maladresse.

 

Faire des erreurs
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Pour jouer à ce jeu avec les enfants d’un niveau de maternel ou de primaire, il est recommandé d’employer l’humour en incorporant par exemple parmi les trois erreurs que vous mentionnez une situation drôle (pour l’exemple vous pouvez entre autres dire que vous pensiez qu’une vache pondait des briques de lait). L’idée est de provoquer le rire chez les élèves à partir des erreurs qu’un enseignant ou un adulte en général peuvent eux-mêmes commettre. Vous dédramatisez la situation liée à l’erreur et vous prouvez aux élèves qu’ils sont eux aussi capables de survivre aux erreurs qu’ils ou elles commettent.

Pour un public adolescent, une variation possible consiste à partager autour des erreurs à cœur ouvert en insistant sur les émotions qu’ils ressentent et les aider (en groupe) à les identifier correctement : la peur, la tristesse, la colère, le découragement etc. L’essentiel est de toujours revenir sur les apprentissages qui ont découlé de ces erreurs et les stratégies qui ont été mises en place pour permettre de les dépasser.

Qu’il s’agisse d’enfants ou d’adolescents, veillez à guider les pistes de discussion en groupe vers des questions concrètes d’où émergeront des expériences partagées et réutilisables par tous comme : Qu’as-tu fait pour surmonter cette erreur ? Que peux-tu encore faire pour dépasser cette erreur ? Qu’aurais-tu pu faire à ce moment-là ? Que feras-tu la prochaine fois que tu seras dans cette situation ? …

Stratégie
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Votre but en employant ce jeu est donc d’amener vos élèves à conscientiser qu’il est normal et surtout utile de faire des erreurs. Vous devez parvenir à leur faire comprendre que les erreurs sont les bases de l’apprentissage et que ces dernières doivent être valorisées dans le parcours scolaire. Montrez-leur que vous vous trompez souvent, que chacun d’entre-nous se trompe et que les émotions négatives éprouvées lors des ces erreurs sont normales, qu’elles sont surmontables si nous les envisageons comme des expériences et des défis nécessitant la construction et la mise en place de nouvelles stratégies. De plus, vous pourrez faire comprendre à vos élèves que les sentiments douloureux qu’ils ressentent face à l’erreur ne viennent bien souvent pas d’eux-même mais de leur perception du regard de l’autre.

Pour développer le propos, il est intéressant de noter que la psychologie positive a mis en évidence un ratio idéal pour se sentir bien : éprouver 3 émotions positives pour 1 émotion négative. Vous pouvez donc prolonger l’exercice en invitant les élèves à décrire trois réussites et à les focaliser sur le ressenti des émotions positives qui y sont associées comme la joie, la fierté, la satisfaction, le soulagement etc.

 

D’après : J’ai plus peur ! – aider un enfant à surmonter ses craintes – par Lawrence Cohen (éditions JC Lattes).

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Qu’avez-vous pensé de cet article ? Vous a-t-il été utile ? Avez-vous lu ce livre ? L’avez-vous déjà testé en classe ? Avez-vous d’autres expériences de jeu en classe à partager ? Votre avis m’intéresse, n’hésitez donc pas à commenter cet article ci-dessous et à le partager 🙂

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